
La protection de vos compagnons à quatre pattes contre les parasites constitue un pilier fondamental de leur santé et de leur bien-être. Chaque année, des millions de chiens et de chats sont exposés à des risques parasitaires susceptibles de compromettre gravement leur qualité de vie. Les puces, tiques, vers intestinaux et autres organismes indésirables ne se contentent pas de provoquer des démangeaisons : ils peuvent transmettre des maladies potentiellement mortelles comme la leishmaniose, la piroplasmose ou la dirofilariose. Avec l’évolution constante des molécules antiparasitaires et l’apparition de résistances, il devient essentiel de comprendre les mécanismes d’action des différents traitements disponibles pour faire des choix éclairés. L’arsenal thérapeutique actuel offre une diversité impressionnante de solutions, depuis les antiparasitaires externes jusqu’aux vermifuges à large spectre, en passant par des formulations combinées innovantes.
Spectre d’action des antiparasitaires externes : ectoparasiticides contre puces, tiques et acariens
Les ectoparasiticides représentent la première ligne de défense contre les parasites externes qui infestent régulièrement nos animaux de compagnie. Ces produits agissent directement sur les arthropodes hématophages qui se nourrissent du sang de votre animal. Leur efficacité repose sur des principes actifs variés, chacun possédant un mode d’action spécifique et une durée de protection qui lui est propre. La compréhension de ces mécanismes vous permet d’optimiser la protection de votre compagnon tout au long de l’année.
Fipronil et pyréthrinoïdes : mécanismes neurotoxiques sur les arthropodes hématophages
Le fipronil constitue l’un des principes actifs les plus largement utilisés dans les traitements antiparasitaires vétérinaires. Cette molécule agit en bloquant les récepteurs GABA (acide gamma-aminobutyrique) des arthropodes, provoquant une hyperexcitation du système nerveux qui conduit à la paralysie puis à la mort du parasite. Son efficacité remarquable contre les puces et les tiques en fait un composant de choix dans de nombreuses formulations, notamment les pipettes spot-on. La perméthrine, principal représentant des pyréthrinoïdes, fonctionne différemment en perturbant les canaux sodiques des cellules nerveuses. Cette substance offre également un effet répulsif intéressant qui dissuade les parasites de se fixer sur l’animal.
Cependant, une attention particulière doit être portée à l’utilisation des pyréthrinoïdes chez les chats. Ces félins présentent une déficience enzymatique qui les empêche de métaboliser correctement ces molécules, ce qui peut entraîner des intoxications graves, voire fatales. En 2018, l’ANSES a recensé plus de 122 cas d’effets indésirables chez des chats ayant été exposés à des antiparasitaires canins contenant de la perméthrine. Il est donc absolument crucial de respecter scrupuleusement les indications d’espèce lors du choix d’un antiparasitaire.
Isoxazolines (fluralaner, sarolaner, afoxolaner) : inhibition des canaux GABA et glutamate
Les isoxazolines représentent une classe relativement récente d’antiparasitaires qui a révolutionné la parasitologie vétérinaire. Le fluralaner (Bravecto), le sarolaner (Simparica) et l’afoxolaner
(NexGard), partagent un mécanisme d’action ciblant les canaux chlorure dépendants du GABA et du glutamate au niveau du système nerveux des parasites. En se fixant de manière sélective sur ces récepteurs chez les arthropodes, elles provoquent une hyperexcitation neuronale conduisant à une paralysie rapide puis à la mort des puces et des tiques. Chez le chien et le chat, ces molécules présentent une large marge de sécurité lorsqu’elles sont administrées aux doses recommandées, ce qui explique leur succès en pratique courante.
Les isoxazolines sont le plus souvent présentées sous forme de comprimés appétents, facilitant grandement l’observance du traitement, notamment chez les animaux réticents aux pipettes cutanées. Leur rapidité d’action est particulièrement intéressante en cas d’infestation massive, certaines molécules éliminant plus de 95 % des puces en moins de 8 heures. Quelques cas isolés d’effets indésirables neurologiques (tremblements, convulsions) ont cependant été rapportés, en particulier chez des animaux prédisposés. Il est donc recommandé d’informer votre vétérinaire de tout antécédent neurologique avant d’instaurer ce type d’antiparasitaire.
Sélamectine et moxidectine : formulations spot-on à absorption transdermique
La sélamectine et la moxidectine appartiennent à la famille des lactones macrocycliques, des molécules capables d’agir à la fois sur certains parasites externes et sur des parasites internes. En formulation spot-on, elles sont appliquées sur la peau de l’animal, puis absorbées à travers l’épiderme pour diffuser dans la circulation sanguine. Cette diffusion systémique leur permet de cibler des parasites variés : puces adultes, acariens responsables de gale, certains nématodes intestinaux et même les larves de vers du cœur dans les zones à risque.
Leur intérêt réside notamment dans leur polyvalence : avec une seule application mensuelle, vous pouvez couvrir plusieurs menaces parasitaires simultanément. La moxidectine, associée par exemple à l’imidaclopride dans certaines solutions, offre une protection renforcée contre les parasites cutanés comme les poux et les acariens de la démodécie. Comme pour toute lactone macrocyclique, une vigilance particulière est nécessaire chez les races génétiquement sensibles (Colleys, Bergers australiens), d’où l’importance de respecter les dosages et recommandations figurant sur l’ordonnance vétérinaire.
Durée de protection résiduelle : comparaison entre bravecto, simparica et NexGard
La durée de protection constitue un critère déterminant dans le choix d’un antiparasitaire externe pour chien. Bravecto (fluralaner) se distingue par une durée d’action prolongée pouvant aller jusqu’à 12 semaines contre les puces et les tiques, ce qui réduit la fréquence des administrations à seulement 4 fois par an. Simparica (sarolaner) et NexGard (afoxolaner), quant à eux, offrent une protection mensuelle, généralement de 4 à 5 semaines, parfaitement adaptée à une routine de prévention régulière.
Comment choisir entre ces options ? Si vous avez tendance à oublier les traitements ou si vous partez souvent en voyage, une molécule à longue durée comme le fluralaner peut simplifier la gestion. À l’inverse, un traitement mensuel permet des réévaluations plus fréquentes en fonction du mode de vie de l’animal, de son poids ou de l’apparition d’éventuels effets indésirables. Dans tous les cas, l’essentiel reste la continuité de la protection : une seule fenêtre de quelques semaines sans antiparasitaire peut suffire à laisser s’installer une infestation de puces dans votre habitat.
Résistance parasitaire aux organophosphorés et alternatives modernes
Les organophosphorés ont longtemps occupé une place centrale dans l’arsenal antiparasitaire, avant d’être progressivement délaissés. Ces molécules agissaient en inhibant de façon irréversible l’acétylcholinestérase, provoquant une accumulation d’acétylcholine et une paralysie des parasites. Toutefois, l’apparition de résistances chez de nombreuses populations de puces et de tiques, combinée à une toxicité non négligeable pour les animaux et l’environnement, a conduit à leur remplacement progressif par des familles plus sûres et plus spécifiques.
Aujourd’hui, les isoxazolines, les phénylpyrazoles (comme le fipronil) et les lactones macrocycliques ont largement pris le relais des organophosphorés dans les protocoles de prévention modernes. Ces alternatives présentent une meilleure sélectivité pour les récepteurs des arthropodes, limitant les risques pour le chien, le chat et l’humain. Elles s’inscrivent également dans une approche plus raisonnée de l’écotoxicologie, en réduisant la contamination des milieux aquatiques et des organismes non ciblés. En pratique, il est désormais rare qu’un vétérinaire recommande encore un organophosphoré en première intention chez les animaux de compagnie.
Antiparasitaires internes : vermifuges à large spectre contre nématodes et cestodes
Les parasites internes, en particulier les nématodes (ascaris, ankylostomes, trichures) et les cestodes (ténias), peuvent passer longtemps inaperçus tout en compromettant sérieusement la santé de votre animal. Amaigrissement, diarrhée, vomissements, anémie ou retard de croissance ne sont que quelques-unes des conséquences possibles. Les vermifuges à large spectre ont été conçus pour cibler simultanément plusieurs familles de vers, simplifiant ainsi la mise en place de protocoles de prévention efficaces chez le chien et le chat.
Benzimidazoles (fenbendazole, fébantel) : disruption de la polymérisation de la tubuline
Les benzimidazoles, tels que le fenbendazole et le fébantel, agissent principalement en se liant à la tubuline des cellules parasitaires. En perturbant la polymérisation de ce composant essentiel du cytosquelette, ils bloquent la division cellulaire et le métabolisme des vers, entraînant progressivement leur mort et leur élimination par le tube digestif. Ce mécanisme, spécifique des parasites, explique la bonne tolérance de ces molécules aux doses usuelles chez les carnivores domestiques.
Les benzimidazoles se montrent particulièrement efficaces contre de nombreux nématodes digestifs, mais également contre certains protozoaires comme Giardia lorsqu’ils sont utilisés sur plusieurs jours consécutifs. Ils sont disponibles sous forme de comprimés, de pâtes orales ou de suspensions, souvent appétents pour faciliter l’administration. En pratique, ils sont fréquemment intégrés dans des combinaisons associant d’autres principes actifs, ce qui permet d’élargir encore le spectre d’action du vermifuge.
Praziquantel : traitement spécifique des ténias et échinocoques
Le praziquantel est la molécule de référence pour le traitement des cestodes, en particulier Dipylidium caninum (transmis par les puces) et les échinocoques, responsables de zoonoses graves chez l’humain. Il agit en augmentant la perméabilité de la membrane des vers au calcium, ce qui provoque une contraction musculaire soutenue et une désintégration rapide du tégument. Les fragments de vers ainsi détruits sont ensuite éliminés par les selles de l’animal.
Ce principe actif est généralement bien toléré et agit en une seule prise, ce qui facilite la mise en œuvre de campagnes de vermifugation régulières. Il est le plus souvent associé à d’autres antiparasitaires internes, comme la milbémycine oxime ou le fébantel, afin de couvrir simultanément les nématodes et les cestodes. Si votre animal a chassé ou ingéré des rongeurs, ou s’il est porteur de puces, l’utilisation d’un vermifuge contenant du praziquantel est fortement recommandée pour limiter le risque de contamination de votre foyer.
Pipérazine et pyrantel : paralysie neuromusculaire des ascaris et ankylostomes
La pipérazine et le pyrantel appartiennent à la famille des vermifuges agissant sur la jonction neuromusculaire des parasites. La pipérazine induit une hyperpolarisation des membranes musculaires des ascaris, entraînant une paralysie flasque qui permet leur expulsion par le transit intestinal. Le pyrantel, quant à lui, agit comme un agoniste nicotinique provoquant une paralysie spastique des nématodes, en particulier des ascaris et des ankylostomes.
Ces molécules se caractérisent par une action rapide et ciblée, avec une très bonne sécurité d’emploi chez le chiot et le chaton lorsqu’elles sont utilisées à la posologie recommandée. On les retrouve souvent dans les spécialités destinées aux jeunes animaux, parfois associées à d’autres molécules pour élargir le spectre. Pour vous, propriétaire, cela se traduit par des cures de vermifuge simples, généralement en une à trois prises espacées de quelques jours selon le protocole établi par le vétérinaire.
Protocoles de vermifugation : fréquence selon l’âge et le mode de vie animal
La fréquence de vermifugation ne peut pas être la même pour tous les animaux : elle dépend étroitement de l’âge, du mode de vie et de l’environnement. Les chiots et les chatons, très sensibles aux infestations massives, sont généralement vermifugés toutes les 2 semaines jusqu’à l’âge de 2 mois, puis une fois par mois jusqu’à 6 mois. Cette régularité permet de casser le cycle de reproduction des vers intestinaux, souvent transmis dès la gestation ou l’allaitement.
Chez l’adulte, les recommandations varient de 2 à 4 fois par an pour un animal vivant majoritairement en intérieur et sortant peu, à une vermifugation tous les mois ou tous les 2 mois pour un chien de chasse, de campagne ou un chat grand chasseur. Vous ne savez pas quel rythme adopter ? Un dialogue avec votre vétérinaire, complété si besoin par des coprologies (analyses de selles), permet d’ajuster précisément le protocole, en évitant à la fois la sous-protection et l’utilisation excessive de médicaments.
Produits combinés polyvalents : associations antiparasitaires internes-externes
Pour simplifier la prévention, de nombreuses spécialités associent désormais dans une même formulation des principes actifs ciblant à la fois les parasites externes et internes. Ces produits combinés répondent particulièrement bien aux besoins des propriétaires souhaitant un protocole de protection global, facile à suivre. En une seule administration mensuelle, vous pouvez ainsi couvrir puces, tiques, vers intestinaux, voire certains parasites cardiaques ou cutanés.
Milbémycine oxime + praziquantel : formulation milbemax pour chiens et chats
Milbemax est l’un des vermifuges les plus connus associant milbémycine oxime et praziquantel. La milbémycine oxime, une lactone macrocyclique, cible principalement les nématodes (ascaris, ankylostomes, trichures) et les larves de vers du cœur, tandis que le praziquantel, comme nous l’avons vu, est très efficace contre les cestodes. Cette combinaison offre ainsi un large spectre de protection interne en une seule prise orale.
Disponible sous forme de comprimés pour chiens et chats, Milbemax est adapté à différentes tranches de poids, ce qui facilite un dosage précis. Selon les régions et le risque de dirofilariose, le vétérinaire peut recommander une administration mensuelle (notamment dans les zones à moustiques) ou plus espacée, de 2 à 4 fois par an, dans un objectif essentiellement digestif. Pour vous, l’avantage est clair : un protocole simple, bien toléré et couvrant la majorité des vers rencontrés en pratique courante.
Imidaclopride + moxidectine : solution advocate contre dirofilariose et parasites cutanés
Advocate associe l’imidaclopride, un néonicotinoïde actif sur les puces adultes et leurs larves, à la moxidectine, lactone macrocyclique à action interne et externe. En application spot-on, cette formulation protège non seulement contre les puces, mais aussi contre certains acariens (gale des oreilles, gale sarcoptique, démodécie), divers nématodes digestifs et les larves de Dirofilaria immitis, le ver du cœur. Il s’agit donc d’un véritable antiparasitaire polyvalent pour chiens et chats.
Son utilisation mensuelle est particulièrement indiquée dans les zones où la dirofilariose est présente ou lors de voyages en région méditerranéenne. De plus, Advocate peut être intégré à des protocoles thérapeutiques pour certaines dermatoses parasitaires, sous contrôle vétérinaire. Comme toujours avec les lactones macrocycliques, un dépistage préalable de la maladie du ver du cœur est recommandé dans les zones endémiques avant de démarrer un traitement préventif continu.
Spinosad + milbémycine : comprimés palatables trifexis à triple action
Trifexis associe le spinosad, insecticide d’origine naturelle dérivé de bactéries du sol, à la milbémycine oxime. Le spinosad agit de manière ciblée sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine des puces, provoquant une paralysie rapide et une mort des parasites en quelques heures. La milbémycine complète cette action en ciblant les nématodes intestinaux et les larves de vers du cœur. Résultat : un comprimé mensuel offrant une triple action contre les puces, les vers digestifs et la dirofilariose.
Présentés sous forme de comprimés palatables, ces traitements sont généralement bien acceptés par les chiens, ce qui facilite l’observance sur le long terme. Ils constituent une option intéressante pour les propriétaires souhaitant limiter le nombre de produits différents administrés chaque mois. Comme pour les autres molécules à action sur le ver du cœur, un test sérologique préalable est indispensable dans les zones à risque avant de commencer ou de reprendre la prophylaxie.
Prévention de la dirofilariose : prophylaxie contre le ver du cœur
La dirofilariose, ou maladie du ver du cœur, est une affection grave transmise par des moustiques vecteurs, principalement dans les zones méditerranéennes mais aussi de plus en plus souvent dans d’autres régions d’Europe. Les vers adultes s’installent dans le cœur et les artères pulmonaires du chien, entraînant une insuffisance cardiorespiratoire potentiellement fatale. Chez le chat, la maladie est plus rare mais souvent plus difficile à diagnostiquer. C’est pourquoi la prévention reste la meilleure arme pour protéger vos animaux lors de séjours ou de vie en zone endémique.
Ivermectine et lactones macrocycliques : administration mensuelle préventive
L’ivermectine, la milbémycine oxime, la sélamectine et la moxidectine appartiennent toutes à la famille des lactones macrocycliques utilisées en prophylaxie de la dirofilariose. Administrées à faible dose sur une base mensuelle, elles détruisent les formes larvaires (L3 et L4) transmises par les moustiques avant qu’elles ne puissent se développer en vers adultes dans le cœur. Cette action précoce est essentielle, car le traitement des formes adultes est long, coûteux et comporte des risques.
Les spécialités disponibles se présentent sous forme de comprimés, de solutions spot-on ou, dans certains pays, d’injections à action prolongée. Le choix de la forme galénique dépendra de votre animal, de son mode de vie et de vos préférences. L’important est de respecter scrupuleusement la régularité mensuelle du traitement durant toute la période d’exposition aux moustiques, souvent d’avril à novembre dans les zones tempérées, voire toute l’année dans les régions plus chaudes.
Test antigénique dirofilaria immitis obligatoire avant traitement
Avant de mettre en place une prophylaxie avec des lactones macrocycliques dans une zone endémique, un test antigénique de dépistage de Dirofilaria immitis est indispensable, en particulier si l’animal est adulte ou s’il a déjà séjourné dans une région à risque. Pourquoi cette précaution ? Parce que l’administration de ces molécules à un chien déjà porteur de nombreux vers adultes peut entraîner une réaction inflammatoire sévère liée à la mort massive des microfilaires circulantes.
Le test, réalisé à partir d’un prélèvement sanguin, détecte la présence d’antigènes produits par les femelles adultes. En cas de positivité, votre vétérinaire établira un protocole thérapeutique spécifique, parfois en plusieurs étapes, avant d’envisager une prévention à long terme. Cette démarche peut sembler contraignante, mais elle permet de sécuriser l’utilisation des antiparasitaires tout en offrant à votre compagnon les meilleures chances de guérison.
Zones endémiques méditerranéennes et risque vectoriel par culex et aedes
Les moustiques des genres Culex et Aedes sont les principaux vecteurs de Dirofilaria immitis dans le bassin méditerranéen. Avec le réchauffement climatique et l’augmentation des déplacements d’animaux de compagnie, la répartition géographique de ces vecteurs tend à s’élargir vers le nord et l’ouest de l’Europe. Un chien vivant ou voyageant en Italie, en Espagne, dans le sud de la France ou dans les Balkans est aujourd’hui beaucoup plus exposé qu’il y a vingt ans.
Pour limiter ce risque, la prévention ne se limite pas au traitement médicamenteux : l’utilisation de répulsifs contre les moustiques (colliers, pipettes à effet insectifuge), l’évitement des sorties au crépuscule dans les zones marécageuses et la protection de l’habitat (moustiquaires, ventilateurs) sont autant de mesures complémentaires. Si vous prévoyez un séjour prolongé avec votre chien en région méditerranéenne, il est vivement conseillé de consulter votre vétérinaire plusieurs semaines avant le départ afin de mettre en place une stratégie préventive adaptée.
Antiprotozoaires : traitement des parasitoses unicellulaires digestives et sanguines
Outre les vers et les arthropodes, les chiens et les chats peuvent être infectés par des parasites unicellulaires, ou protozoaires, affectant le tube digestif ou le sang. Giardiose, babésiose, coccidiose : ces affections peuvent provoquer des symptômes sévères, allant de la diarrhée chronique à l’anémie hémolytique. Leur prise en charge repose sur des molécules spécifiques, différentes de celles utilisées pour les helminthes ou les ectoparasites.
Métronidazole contre giardia intestinalis : posologie et effets secondaires neurologiques
Le métronidazole est un antiprotozoaire et antibiotique souvent utilisé dans le traitement de la giardiose chez le chien et le chat. Il agit en perturbant l’ADN des protozoaires anaérobies comme Giardia intestinalis, entraînant leur mort et leur élimination via les selles. Le traitement s’étend en général sur 5 à 7 jours, parfois plus selon la sévérité des signes cliniques et la réponse de l’animal.
Bien que globalement efficace, le métronidazole doit être utilisé avec prudence, car des effets secondaires neurologiques (ataxie, tremblements, convulsions) peuvent survenir en cas de surdosage ou de traitement prolongé. C’est un peu comme marcher sur une ligne fine : la marge thérapeutique est bonne, mais pas infinie. Une hygiène rigoureuse de l’environnement (désinfection des gamelles, lavage des couchages, gestion de l’eau de boisson) est indispensable en parallèle pour éviter les réinfestations, notamment dans les foyers multi-animaux.
Imidocarbe dipropionate : injection contre babesia canis en région méditerranéenne
La babésiose canine, transmise par certaines tiques, est une maladie grave provoquée par le protozoaire Babesia canis. Elle se manifeste par une fièvre élevée, une anémie hémolytique et parfois un choc qui peut être fatal sans prise en charge rapide. L’imidocarbe dipropionate constitue l’un des traitements de référence, administré par injection sous-cutanée ou intramusculaire, souvent en une ou deux doses espacées.
Cette molécule agit en perturbant le métabolisme des protozoaires au sein des globules rouges, permettant ainsi leur destruction. L’imidocarbe peut toutefois entraîner des réactions douloureuses au point d’injection, ainsi que des effets cholinergiques (hypersalivation, vomissements) nécessitant parfois la co-administration d’un anticholinergique. Dans les zones à risque, la meilleure stratégie reste la prévention des piqûres de tiques grâce à des antiparasitaires externes efficaces, complétée par une inspection minutieuse du pelage après chaque sortie en nature.
Sulfamides potentialisés : traitement de la coccidiose chez chiots et chatons
La coccidiose est une parasitose intestinale fréquente chez les jeunes animaux, causée par des protozoaires du genre Cystoisospora. Elle se caractérise par une diarrhée parfois hémorragique, un amaigrissement et un retard de croissance. Les sulfamides potentialisés (association de sulfamides et de triméthoprime) sont couramment utilisés pour traiter cette affection. Ils inhibent la synthèse des folates nécessaires à la multiplication des protozoaires, ce qui freine l’infection et permet à l’organisme de reprendre le dessus.
Le traitement, administré par voie orale sur plusieurs jours, doit s’accompagner d’une gestion stricte de l’environnement, car les oocystes de coccidies sont très résistants dans le milieu extérieur. Un nettoyage fréquent des litières, la désinfection des sols et la séparation des jeunes animaux malades et sains sont indispensables pour enrayer une épidémie au sein d’un élevage ou d’un refuge. Là encore, la combinaison d’un traitement ciblé et de mesures d’hygiène rigoureuses fait toute la différence.
Réglementation vétérinaire et critères de sélection des antiparasitaires
Choisir un antiparasitaire pour son animal ne se résume pas à comparer des prix ou des durées d’action. Derrière chaque produit se trouve un cadre réglementaire strict, destiné à garantir son efficacité, sa sécurité pour l’animal, le propriétaire et l’environnement. Comprendre ces éléments vous aide à mieux interpréter les conseils de votre vétérinaire et à utiliser les produits de manière responsable.
Autorisation de mise sur le marché (AMM) et respect des temps d’attente
Tout médicament vétérinaire, y compris les antiparasitaires, doit obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) avant d’être commercialisé. Cette AMM atteste que le produit a été évalué pour son efficacité, sa sécurité et sa qualité selon des normes strictes. Pour les animaux de rente, elle s’accompagne également de la définition de temps d’attente, c’est-à-dire de délais à respecter entre l’administration du médicament et la consommation de la viande, du lait ou des œufs afin d’éviter la présence de résidus.
Pour les chiens et les chats, qui ne sont pas destinés à la consommation humaine, la notion de temps d’attente n’est pas pertinente, mais l’AMM reste un gage de qualité incontournable. C’est la raison pour laquelle il est préférable de privilégier des produits disposant d’une AMM vétérinaire plutôt que des préparations non homologuées ou des remèdes non contrôlés. En cas de doute, votre vétérinaire ou votre pharmacien peut vous aider à vérifier le statut réglementaire d’un antiparasitaire.
Contre-indications génétiques : mutation MDR1 chez colleys et bergers australiens
Certaines races de chiens, notamment les Colleys, Bergers australiens, Shetlands et races apparentées, présentent une mutation du gène MDR1 (Multidrug Resistance 1). Cette mutation altère la fonction de la P-glycoprotéine, une protéine de transport impliquée dans l’élimination de nombreuses molécules au niveau de la barrière hémato-encéphalique. Résultat : des doses normalement sans danger de certains médicaments, en particulier les lactones macrocycliques à forte dose, peuvent devenir toxiques pour ces animaux.
Concrètement, un chien porteur de la mutation MDR1 peut présenter des signes neurologiques graves (ataxie, cécité, coma) après l’administration de molécules comme l’ivermectine à des doses élevées. Des tests génétiques simples et fiables sont aujourd’hui disponibles pour identifier les animaux à risque. Si votre chien appartient à une race concernée, il est vivement recommandé d’en parler à votre vétérinaire, qui adaptera le choix et la posologie des antiparasitaires en conséquence.
Écotoxicité aquatique des pyréthrines : précautions pour chats et milieu environnemental
Les pyréthrines et pyréthrinoïdes, bien qu’efficaces contre de nombreux parasites externes, présentent une écotoxicité importante pour les organismes aquatiques (poissons, invertébrés). Leur utilisation nécessite donc des précautions particulières, notamment l’évitement de la contamination directe des cours d’eau, bassins de jardin ou aquariums. Il est par exemple déconseillé de baigner un chien récemment traité dans un étang ou une rivière, afin de limiter le relargage de ces substances dans le milieu naturel.
Chez le chat, comme évoqué plus haut, certaines pyréthrinoïdes comme la perméthrine sont extrêmement toxiques, même à faible dose. Il est donc crucial de ne jamais utiliser un antiparasitaire destiné au chien sur un chat, même de manière ponctuelle. En cas d’exposition accidentelle, un bain rapide avec un shampoing doux et une consultation vétérinaire en urgence s’imposent. En adoptant ces réflexes, vous protégez à la fois la santé de vos animaux et l’équilibre fragile des écosystèmes aquatiques qui nous entourent.